Molière "C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens".

Le rêve de Molière était d’être un grand tragédien, mais tout le monde s’accorde aujourd’hui sur le fait qu’il ne l’a jamais été. Contrairement à son homologue d’outre Manche (ne parle-t-on pas de la « langue de Shakespeare »), Molière excelle dans la comédie et la farce mais ne sais pas faire de tragédie. Son style s’inspire de la commedia dell’arte, dans laquelle le spectacle est structuré autour de l’action. Il utilise une une grande variété de procédés comiques :

  • Comique de geste (particulièrement utilisé dans la farce) : mimiques, déplacements, personnages roués de coups…
  • Comique de mots : répétitions, inventions verbales, accumulation, substitution de mots, passage du coq à l’âne, interruptions régulières, etc.
  • Comique de situation : rebondissements, quiproquos. Ce procédé est lié aux circonstances de l’intrigue.
  • Comique de mœurs ou de caractère : critique d’une mode, d’une classe sociale, d’un comportement, parodie (celle des médecins notamment)

Ses pièces représentent des situations inspirées de la vie quotidienne la plus triviale (scènes de ménage, adultères, vols, tromperies). Sa farce fondée sur un comique d’action et de situation met en scène des personnages immuables, des types humains au caractère figé (épouse infidèle, marchand malhonnête, moine débauché…). Il doit aux Italiens les personnages-types de ses comédies d’intrigue (le vieillard amoureux, le jeune premier maladroit, le valet débrouillard…). Il utilise le rôle du valet comme leader de l’histoire (Les Fourberies de Scapin), lequel crée et défait l’intrigue devant les yeux du public en apportant à lui seul toutes les clés de l’histoire.

Nombreux sont les dénouements des pièces de Molière qui paraissent peu vraisemblables, surtout pour le spectateur moderne : là aussi, l’auteur réutilise à sa manière un procédé traditionnel, celui de la « reconnaissance », dont parlait déjà Aristote. C’est une scène où l’intrigue se dénoue brusquement sur la révélation de l’identité ou de l’histoire familiale des protagonistes.

Molière utilise ses caractères avec une visée moraliste : ses pièces mettent en scène les multiples visages de la déraison face à l’unique caractère de la raison, celui de l’« honnête homme », qui est représenté tantôt par le personnage du « raisonneur », tantôt par tel bourgeois ou telle servante au bon sens populaire. Il reprend de la comédie latine le schémas de l’amour du jeune homme empêché par le vieillard. Chez Molière, l’esclave antique est remplacé par un valet. Le vieillard connaît des métamorphoses modernes et la courtisane devient une jeune fille très amoureuse mais respectable (dont le rôle prend en outre une importance qu’il n’avait pas chez les auteurs latins). Sa pièce de l’École des femmes défend en quelque sorte le droit au mariage d’amour.

Beaucoup de noms de personnages de Molière sont empruntés au grec ancien (parfois via l’italien) : Henriette, Philaminte, Armande, Bélise, Trissotin, l’Épine, Georgette, Henrique, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe, Dom Alonse, Dom Carlos, Don Juan, Sganarelle, Cléomène, Agénor, Aglaure, Cidippe, Ergaste, Valère, Madame Jourdain, Léonor, Lisette, Ariste, Magdelon, Cathos, Gorgibus, Isabelle, Alceste, Philinte, Elmire, Mariane, Damis, Cléante, Dorine… Le nom des personnages est très important pour donner une « ambiance Molière » à une improvisation, c’est pour cette raison que la liste d’exemple ci-dessus est si longue, mais attention de ne pas les réutiliser tel quel, car cela donnerai lieu à une faute de cliché.

Molière a vécu au 17ème siècle, et toutes ses pièces se déroulent à cette époque, il conviendra donc de connaître les caractéristiques de la vie au XVIIème siècle pour éviter les anachronismes et reproduire l’ambiance de l’époque.

Molière, ayant eu à écrire pour des réjouissances royales, créa des pièces qui devaient mêler au jeu d’acteurs un accompagnement musical et des intermèdes offrant les plaisirs du chant et de la danse. On trouve dans cette catégorie des pièces appartenant à des genres très différents : comédie de mœurs avec intermèdes bouffons (le Bourgeois gentilhomme), « tragédieballet » (Psyché), pastorale aristocratique (la Princesse d’Élide), pièce mythologique (Amphitryon), farce musicale (Monsieur de Pourceaugnac, George Dandin).

Les grandes comédies de Molière sont au nombre de quatre. Toutes écrites dans la même période de sa vie, entre 1662 et 1666, elles abordent de graves problèmes de la société de l’époque (le mariage et la condition de la femme ; les faux dévots hypocrites ; les libertins ; le manque de sincérité et l’attachement aux conventions, la nécessité de paraître). Ce sont : l’École des femmes (1662, inspiré par son mariage avec Armande Béjart, de vingt ans sa cadette), Tartuffe ou l’imposteur (1664, interdite la même année), Dom Juan (1665, interdite la même année), Le Misanthrope.

Sources :
La référence sur l’oeuvre de Molière
Molière
la Farce et Molière
Encarta 2002

Molière "C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens".