La vie au XVIIème siècle Pour Molière, Racine, La Fontaine...

Le XVII ème siècle s’étend de de l’an 1601 à l’an 1700. C’est l’époque durant laquelle ont vécu des auteurs tels que Molière, Racine, et La Fontaine (Shakespeare et Rabelais étant du siècle précédent). En France, c’est le siècle de Louis XIV (1638-1715) et de personnalités comme D’Artagnan ou J.S.Bach (je les cite afin de pouvoir s’inspirer de films dans lesquels ils apparaissent).

Lorsque l’on pense au mode de vie de cette époque, attention à ne pas la confondre avec le moyen-âge, qui se termine au siècle précédent, car le XVII ème constitue la première moitié de la renaissance. Vu du XXI ème siècle, les deux peuvent sembler identiques, mais il y cependant quelques différences qui peuvent être sources d’anachronismes.

La renaissance marque la fin des guerres de religions. On ne construira plus de château fort ni de ville fortifiée, même si celles-ci sont encore habitées. Un bon exemple est la cité de Carcassonne, qui avait déjà à cette époque une partie haute particulière fortifié, et une partie basse simplement entourée d’un mur d’enceinte et libre d’accès jour et nuit.

Le XVII ème précède le siècle des lumières, mais connaîtra l’essor de l’esprit scientifique avec les travaux de Newton et Galilée. Du point de vu des connaissances technologiques, l’imprimerie s’est démocratisée avec, au début du XVI ème siècle, 200 millions de copies produites depuis son invention.

Si la plupart des pays d’Europe sont encore des monarchies, l’époque des chevaliers est révolue, et ceux-ci sont pratiquement absent des œuvres de Molière, Racine, et La Fontaine. De la même façon, les tournois n’existent plus, ils ont été interdit par Catherine de Médicis au XVI ème siècle suite à la mort du roi Henri II lors de l’un d’entre eux.

Si la religion est encore très présente dans la vie de tous les jours, l’époque où l’on brulait les hérétiques et terminée. Jeanne d’Arc a vécu au XV ème siècle et les derniers tribunaux d’inquisition (ceux de Carcassonne et de Toulouse) disparaîtront justement au XVII ème. La période des grandes cathédrales gothiques est elle aussi révolue (Notre Dame a été terminée en au milieu du XIII ème siècle), et le courant architectural (et musical) est baroque.

La France est principalement rurale. Les paysans et leur famille habitent dans des maisons construites en bois ou en boue séchée couvertes d’un toit de chaume. Elles n’ont souvent qu’une seule pièce et seulement quelques petites fenêtres sans vitres fermées par des volets en bois. Leur sol est en terre battue, le mobilier constitué de coffres, de bancs et les lits garnis d’une paillasse sont tous partagés par plusieurs habitants du foyer. Les paysans consomment une nourriture peu variée : le porc, tué au début de l’hiver et conservé dans du sel, leur donne du lard qui agrémente les repas de fête, baptêmes ou mariages. Le reste du temps, ils se nourrissent de soupes de légumes, de galettes, de bouillies de seigle ou d’orge, de pain gris de seigle. Le pain est la base de l’alimentation et chacun en consomme à peu près un kilo par jour. En cas de mauvaise saison, les récoltes sont insuffisantes, et les paysans souffrent la disette et parfois la famine. Le manque d’hygiène favorise la propagation des maladies, et la médecine n’a que peu progressé depuis Hippocrate (nom largement cité dans les pièces de Molière). Pour se faire une idée des connaissances humaines dans le domaine médical au XVIIème siècle, il est bon de savoir que la circulation sanguine a été découverte en 1628, le rôle des spermatozoïdes et des ovaires en 1677, le microscope inventé le même siècle, et que malgré la découverte de la quinine (pour la prévention du paludisme) par les européens, l’essentiel des traitements prescrits par les médecins consiste en la pratique de saignées et de purges.

D’un façon quelque peu semblable au XIX ème siècle, la femme est loin d’être considérée comme l’égal de l’homme. Soumise au bon vouloir de son père puis de son mari, elle peut cependant exercer une activité professionnelle, souvent pour ne pas tomber dans la misère. Les mariages sont généralement arrangés par les familles, et l’amour y est très critiqué. Il est pour beaucoup considéré comme un sentiment dangereux car il prive l’homme de sa raison, qualité qui le place au-dessus des animaux. L’âge minimum requis est 13 ans et demi pour les garçons et 11 ans et demi pour les filles. La virginité au moment des noces est essentielle, mais plus souvent respectée dans les milieux bourgeois, car en campagne il n’est pas rare qu’une vie commune et des naissances précèdent le mariage.

La France contient ne nombreux patois régionaux, et seuls les commerçants et les personnes amenées à voyager parlent également la langue officielle du pays, le patois de l’ile-de-France, appelé le « français ».

Au XVII ème siècle, l’image que les Hommes ont de la planète est en train de changer. Christophe Colomb a découvert les Amériques le siècle précédent, et Galilée démontre que la terre est ronde. De part l’importance de la navigation sur la plupart des mers du globe (l’Australie sera découverte lors de ce siècle), c’est aussi l’époque des pirates. Jacques Cartier, moins de 50 ans après la découverte de Colomb, tentera de découvrir une route vers l’Asie, et ses recherches laisseront sur le continent américains quelques pêcheurs et trafiquants de fourrure à Terre-Neuve.

Le transport se fait par les routes, à cheval, ce qui nécessite d’en changer régulièrement et de faire de nombreuses étapes. Il se fait également par voie fluviale (le canal du midi est inauguré au XVII ème siècle). Il se fait enfin par voie maritime, par galère, caravelle et autres navires.

Sur le plan économique, les banques n’existent pas encore en France, la première sera crée au XVIII siècle, mais des établissement italiens et allemands y sont tout de même implantés. Le crédit, la gestion de compte et le change entre monnaies existent. Les lettres de change remplacent nos actuels chèques, c’est une lettre émise pas une banque qui permet de se faire payer une somme donnée par une autre. La monnaie française est faite de pièces métalliques, nommée Écu lorsqu’elle est en or, ce terme n’est cependant pas une unité de valeur. La valeur des pièces, qui n’est plus écrite dessus depuis le XVI ème siècle, mais décrétée par le roi, se compose comme suit : la livre vaut 20 sous, lequel vaut 12 deniers, il faut donc 240 deniers pour faire une livre. Les impôts directes et indirectes existent, le premier s’appelle la « taille » et les seconds « traites » et « péages ». L’artisanat est très répandu, et la formation passe par les statuts d’apprenti, de compagnon puis de maîtrise.

Sur le plan vestimentaire, les hommes portent une tunique serrée sous une chemise et un pourpoint, le tout avec des chausses (que l’on appelle pantalon de nos jours) collantes ainsi qu’un manteau ouvert sur le devant. Ils peuvent aussi porter une parure (nom donné au veston et sa cravate), des haut-de-chausses (culotte bouffante à rubans), un chapeau, un manteau, un veston ou un pare-dessus. Les femmes portent des chausses et une robe (appelée aussi cotte) constituée d’une jupe et d’un corsage. Les manches de ce dernier sont si ajustées au poignet qu’elles doivent être recousues après chaque enfilage. Elles y ajoutent aussi des gants. Les bas et les jarretière sont également portées à l’époque. Chez les gens du peuple, l’homme porte une blouse, des chausses et des braies enfilés dans les bottes. La femme porte une chemise, une tunique longue, des chausses et un manteau à capuchon (appelé aussi chaperon).

L’éducation des enfants à la renaissance est principalement religieuse. Elle coût cher et seules les familles aisées peuvent envoyer leurs enfants à l’école. L’éducation diffère entre les garçons et les filles, même si l’aspect religieux demeure. Les filles sont préparées à devenir de bonnes mères et de bonnes épouses en apprenant la couture et la cuisine. Celles des familles les plus fortunées apprennent également le latin et la musique. Cette éducation se fait assez souvent dans un couvent. Les garçons, selon la classe sociale d’où ils proviennent apprennent soit le latin pour ensuite faire l’université, soit un métier en devenant l’apprenti d’un artisan.

Pour terminer, voici un peu de vocabulaire utile pour l’ambiance « Renaissance » : un représentant de l’ordre s’appelle un commissaire, les armes les plus courantes sont les épées, les dagues, les pertuisanes (couteaux), les Guisarme (sorte de hallebarde), les Arquebuses (petits pistolets), les Mousquets (fusils), et les Bombardes (canons). Les armures sont faites d’un heaume (casque), d’un gorgerin (protection de cou), d’un cuirasse pour le torse, d’un haubert (cotte de maille), de jambières et de divers autres parties dont le nom n’est pas indispensable. Il y a aussi des expressions qui contribuent à l’ambiance renaissance : « voilà qui est bien », « Il ne tardera guère », « Il est vrai », « il nous le faut à tous deux », « c’est fâcheux », « ne m’en parlez point », « Il n’y a rien assurément », « Vous recevez fort bien », « Qu’est-ce ? me ferez-vous voir votre petite drôlerie ? », « Cela vous sied à merveille », « Voyons un peu votre affaire », « Par ma foi », « Je trouve cela bien troussé »… il suffit de lire une pièce comme le Bourgeois gentilhomme pour s’imprégner de cette façon de parler.

Sources :
Terres Contées
Andrich
renaissance-france.org
L’Histoire de France
Collège Sainte Barbe
Histoire du costume L’éducation à la renaissance L’éducation des enfants à la renaissance

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