Franz Kafka "Que voulez-vous, je suis un homme de loi. C’est pourquoi je ne peux me libérer du mal."

Comme pour Jules Vernes, les impros de la catégorie « A la manière de Franz Kafka » répondent à un certain nombre de codes qu’il convient de respecter si on veut faire du Kafka crédible. J’ai mis en caractères normaux les traits communs de l’œuvre de Kafka et en italique la manière de les retranscrire en impro :

  • D’une manière générale, les écrits de Kafka parlent de la solitude et du désespoir de l’individu seul face à un système inique et absurde qui l’oppresse et le broie (ex : la famille dans « La métamorphose », la justice dans « Le procès » et « La colonie pénitentiaire »), sans qu’il y ait de recours possible pour lutter contre lui. C’est l’histoire que doit raconter globalement une bonne impro Kafka. On aura donc un héros (l’individu) confronté à un ensemble de personnages appartenant à un même groupe (le système)
  • Le système contre lequel est confronté l’individu est absolument ubuesque, d’une logique incompréhensible pour le commun des mortels tout en étant composé d’un groupe d’individus qui ont chacun une logique cohérente avec eux-mêmes et leur fonction dans le système. Pour prendre un exemple plus proche de nous et plus « grand public », la maison qui rend fou dans le dessin animé « Les 12 travaux d’Astérix » est l’exemple type du système kafkaïen. Le déroulement de l’impro pourra se faire sous la forme d’une série de rencontres du héros avec les différents personnages, soit du groupe oppresseur qui compliqueront encore sa situation, soit des personnages qui donneront l’illusion de lui venir en aide mais qui au final seront toujours décevants et inefficaces.
  • L’individu confronté à ce système par un événement initial déclencheur (ex : sa transformation en cafard dans « La métamorphose », son arrestation dans « Le procès »), loin de se révolter contre le système, a plutôt tendance à agir de manière inefficace, voire à le fuir, mais sans succès, car il est toujours rattrapé. Kafka était un pessimiste, pour lui l’individu victime du système n’a aucune chance face à lui. Les péripéties de l’impro devront souligner cette impuissance. L’impro se terminera mal pour son héros, comme la plupart des écrits de Kafka.
  • L’action se situe dans la société bourgeoise du début du 20ème siècle. La plupart des personnages en sont issus. C’est le règne du « paraître » et de la société aux classes sociales très marquées, industrielle et déshumanisée (Kafka était anarchiste). Kafka était tchèque, on peut donc situer l’action au sein de l’empire austro-hongrois mais ce n’est pas une obligation, Kafka ne situant pas l’action de ses récits dans un environnement de nation mais plutôt dans un environnement de société industrielle. Pour le reste, le vocabulaire et le mode de vie décrits dans l’article sur la vie au XIXème sont valables pour une impro Kafka.
Franz Kafka "Que voulez-vous, je suis un homme de loi. C’est pourquoi je ne peux me libérer du mal."